Chez les VTC, le diesel se fait sortir par la porte. Pas demain, pas « un jour »: sur les nouveaux véhicules qui arrivent dans le métier, sa part est devenue marginale. Et quand tu passes ta journée à vendre des bagnoles et à discuter avec des chauffeurs, tu le vois tout de suite: la question n’est plus « je prends quoi en diesel? », c’est « je pars sur quel hybride, ou je saute direct à l’électrique? ».
Les chiffres récents sur les nouveaux VTC inscrits au registre montrent un mix qui a changé de visage en quelques années: moins de 12 % en diesel en 2022, près de 58 % en hybrides non rechargeables, et 20 % en électriques ou hydrogène. Résultat, le marché se diversifie, les marques se bousculent, et les chauffeurs arbitrent entre autonomie, coûts, recharge et confort client – parce que c’est ça qui fait tourner la boutique.
Diesel en VTC: moins de 12 % en 2022
Si tu veux un marqueur simple, le voilà: en 2022, sur les nouveaux véhicules VTC inscrits, le diesel pur pèse moins de 12 %. Pour un secteur qui a longtemps carburé au gazole, c’est un vrai basculement. Et ça ne sort pas d’une impression de comptoir: c’est une évolution mesurée sur les inscriptions des nouveaux véhicules dans le registre, donc sur ce qui arrive sur le terrain.
Ce qui est intéressant, c’est le rythme. Entre 2017 et 2021, la motorisation des nouveaux VTC a bougé fort. Entre 2021 et 2022, ça ralentit un peu. Pas parce que tout le monde est redevenu amoureux du diesel, mais parce que le gros du basculement est déjà fait et que les chauffeurs font plus de calculs. Quand tu as déjà un hybride qui te coûte moins cher à l’usage, tu ne changes pas juste « pour suivre la tendance ».
Autre point qui pique: la part des véhicules thermiques au sens large reste élevée, parce qu’on y compte aussi les hybrides non rechargeables. Sur les nouveaux VTC, cette part est passée de 94 % en 2019 à 71 % en 2021, puis ça stagne à 71 % en 2022. Dit autrement: le thermique n’a pas disparu, il s’est « hybridé ». Et ça, c’est typiquement un choix de métier, pas un choix militant.
Dans les garages, ça se traduit par des demandes très concrètes: « Je veux un truc qui roule tout le temps, qui ne me bloque pas sur une borne, et qui ne me flingue pas au contrôle technique. » Le diesel, lui, se retrouve coincé au milieu: moins sexy, moins valorisé, et souvent plus compliqué à défendre quand tu bosses dans des zones où la voiture est de plus en plus encadrée.
Hybride non rechargeable: près de 58 % des nouveaux VTC
Le vrai roi du moment, ce n’est pas l’électrique: c’est l’hybride non rechargeable. En 2022, il atteint près de 58 % des nouveaux VTC. Pourquoi? Parce que ça colle à la réalité du boulot. Tu n’as pas besoin de changer ton organisation pour brancher tous les soirs, tu fais le plein comme d’habitude, et tu grattes quand même une partie des bénéfices de l’électrification, surtout en ville.
Dans la pratique, un chauffeur VTC vit avec des journées élastiques. Un matin tu fais des petites courses, l’après-midi tu te manges une liaison longue, et le soir tu enchaînes sur des transferts. L’hybride non rechargeable, c’est la solution « je ne me pose pas la question ». Tu roules, point. Et quand tu dois bosser, la simplicité, c’est de l’argent – pas un slogan.
Le truc c’est que ce choix, il a aussi un côté « zone grise ». Sur le papier, tu réduis une partie des émissions et tu consommes moins dans certains usages. Mais tu restes sur du thermique, avec tous les sujets d’entretien, de carburant, et de dépendance aux prix à la pompe. Et dans les discussions, tu sens que certains chauffeurs le voient comme une étape, pas comme un aboutissement.
Et puis il y a un effet marché: plus tu as d’hybrides en circulation, plus les ateliers s’équipent, plus les pièces et les compétences se diffusent, et plus ça devient un choix rassurant. Marc, un chauffeur que je croise souvent en concession, me l’a résumé simplement: « Je préfère un hybride que je maîtrise qu’une électrique où je découvre tout en même temps. » Ce genre de phrase, tu l’entends partout.
Électrique et hydrogène: 20 % des nouvelles inscriptions
En 2022, les motorisations électriques et hydrogène représentent 20 % des nouveaux VTC inscrits. Et ça, c’est une hausse de 19 points en cinq ans. On est loin du gadget. Ça veut dire que, sur les nouveaux entrants ou les renouvellements récents, un véhicule sur cinq arrive déjà en zéro émission à l’usage (au moins côté électrique), avec des chauffeurs qui acceptent de changer leurs habitudes.
Mais attention, ce n’est pas une progression linéaire qui écrase tout sur son passage. Sur 2022, la part des véhicules à faibles émissions (principalement électriques et hybrides rechargeables) stagne, parce que l’électrique monte de 17 % en 2021 à 20 % en 2022 pendant que l’hybride rechargeable recule de 12 % à 8 %. Donc oui, l’électrique gagne, mais il prend aussi la place d’autres solutions « branchables ».
Sur le terrain, ça raconte une histoire de contraintes. L’hybride rechargeable, c’est séduisant si tu recharges vraiment. Sauf que si tu n’as pas de prise simple à la maison, ou si tu bosses sur des amplitudes qui rendent la recharge galère, tu te retrouves avec une voiture plus lourde, plus chère, et pas forcément plus rentable. Du coup, certains coupent court: soit ils restent sur hybride simple, soit ils basculent en électrique pour de bon.
Et l’hydrogène? Il est compté dans la même catégorie, mais dans la vie réelle des VTC, c’est surtout l’électrique qui fait parler. Les chauffeurs raisonnent en kilomètres, en temps perdu, en confort client, et en revente. L’électrique a une offre qui s’élargit, des modèles qui arrivent, et une image « propre » qui plaît à une partie de la clientèle. Mais il faut que l’équation tienne: si tu passes ton temps à organiser ta journée autour des bornes, tu perds ton avantage.
BYD Seal, Toyota bZ4X, Mercedes EQV: la diversification s’accélère
Ce qui change vraiment depuis peu, c’est la variété des modèles électriques qui intéressent les chauffeurs. On voit des modèles récents gagner du terrain, comme la BYD Seal ou le Toyota bZ4X. Et ce n’est pas juste une histoire de nouveauté: c’est aussi le signe que les chauffeurs ne veulent plus tous la même voiture. Ils comparent l’habitabilité, le confort, la conso réelle, la recharge, et la perception client.
En face, même les « stars » historiques montrent des signes de tassement sur les nouvelles inscriptions, avec des Tesla qui enregistrent de légères baisses. Ça ne veut pas dire que Tesla disparaît du paysage VTC, loin de là. Mais ça casse l’idée du modèle unique. Quand tu as plusieurs alternatives crédibles, le marché devient plus dur, et les chauffeurs ont plus de leviers pour négocier ou changer de crèmerie.
Autre signal très concret: le Mercedes EQV se maintient haut et reste le van électrique le plus utilisé par les chauffeurs. Et ça, c’est logique. Le VTC, ce n’est pas que de la berline. Tu as des familles, des groupes, des bagages, des transferts aéroport, du premium. Le van électrique, c’est la réponse à une demande qui ne rentre pas dans une compacte. Sauf que le ticket d’entrée est plus costaud, donc ce n’est pas pour tout le monde.
Le revers de la médaille, c’est que cette diversification peut te piéger si tu choisis mal. Plus il y a de modèles, plus tu as des écarts de valeur de revente, de disponibilité de pièces, de délais d’atelier, et de petites galères du quotidien. En tant que vendeur, je le dis cash: un modèle « tendance » qui se revend mal, c’est une mauvaise affaire pour un chauffeur. Le style, c’est bien. La rentabilité, c’est mieux.
La demande VTC jusqu’en 2035: Paris, 7 métropoles, nouveaux territoires
Quand on parle « nouveaux véhicules », il faut aussi regarder où le VTC va bosser demain. Les projections et scénarios de demande à l’horizon 2035 distinguent clairement trois ensembles: l’Île-de-France, sept grandes agglomérations (Bordeaux, Marseille, Lyon, Lille, Nantes, Nice, Toulouse), et des « nouveaux territoires » où le VTC est encore peu présent. Ça compte, parce qu’un véhicule parfait à Paris n’est pas forcément le bon choix ailleurs.
En Île-de-France, tu as une densité de courses, des attentes clients élevées, et une concurrence énorme entre plateformes, VTC et taxis. Dans les grandes agglos, tu as des profils de trajets différents, parfois plus d’intermodalité avec les transports en commun, et des pics liés aux événements. Dans les nouveaux territoires, tu peux avoir moins de courses mais plus de distances, et une recharge publique moins évidente. Donc ton choix de motorisation n’est pas juste une question de goût.
Le secteur, après une décennie de croissance très forte, se pose des questions sur la suite. Certains y voient une opportunité, avec des habitudes de transport qui bougent et des politiques qui réduisent l’usage de la voiture individuelle. D’autres parlent d’un ralentissement de la croissance historique. Et au milieu de tout ça, il y a la concurrence avec d’autres mobilités: transports en commun, vélos, et tout ce qui peut grignoter des trajets courts.
Du coup, le « véhicule tendance » en VTC, ce n’est pas juste une fiche technique. C’est un outil de travail qui doit coller à un territoire et à un scénario de demande. Si tu bosses en centre-ville dense, l’électrique peut devenir un avantage d’image et d’usage. Si tu es sur des zones plus étalées, l’hybride non rechargeable garde un côté rassurant. Et si tu fais du groupe, le van électrique type EQV te place sur un créneau à part – à condition d’avoir les courses qui vont avec.
À retenir
- En 2022, le diesel représente moins de 12 % des nouveaux VTC inscrits.
- L’hybride non rechargeable pèse près de 58 % des nouveaux véhicules VTC.
- L’électrique et l’hydrogène atteignent 20 % des nouvelles inscriptions, avec plus de choix de modèles.
Questions fréquentes
- Pourquoi les VTC choisissent-ils autant l’hybride non rechargeable ?
- Parce que c’est la solution la plus simple à exploiter au quotidien : pas besoin d’organiser sa journée autour de la recharge, tu fais le plein rapidement, et tu profites quand même d’une partie des gains en consommation en ville. Pour beaucoup de chauffeurs, c’est un compromis entre coûts, disponibilité et continuité de service.
- L’électrique progresse-t-il vraiment chez les VTC ?
- Oui. Les nouvelles inscriptions montrent 20 % de véhicules électriques ou hydrogène en 2022, et la hausse est marquée sur cinq ans. Mais la progression récente se fait avec un équilibre : l’électrique monte pendant que l’hybride rechargeable recule, ce qui donne une impression de stabilisation sur l’ensemble des motorisations à faibles émissions.
- Quels modèles électriques attirent les chauffeurs VTC aujourd’hui ?
- On observe une diversification avec des modèles récents qui gagnent du terrain, comme la BYD Seal et le Toyota bZ4X. Les Tesla restent présentes mais avec une légère baisse sur les nouvelles inscriptions. Côté vans, le Mercedes EQV se distingue comme le van électrique le plus utilisé par les chauffeurs.
- Le choix du véhicule VTC dépend-il du territoire ?
- Oui, clairement. Les analyses prospectives distinguent l’Île-de-France, sept grandes agglomérations (Bordeaux, Marseille, Lyon, Lille, Nantes, Nice, Toulouse) et des nouveaux territoires où le VTC est moins présent. Les distances, la densité de courses et l’accès à la recharge peuvent changer totalement l’intérêt d’une motorisation.

