La Xpeng P7+ peut-elle vraiment rivaliser avec les berlines Tesla sur le marché français ?

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La Xpeng P7+ arrive avec l’ambition de bousculer les berlines électriques établies. Design, technologies embarquées, performances et autonomie : voici les points clés qui permettent de la comparer aux modèles Tesla.

Xpeng P7+ : une grande berline électrique qui ne fait pas semblant. On parle d’un gabarit de 5,07 m, d’un empattement de 3,00 m et d’une fiche technique qui met la recharge au centre du jeu, avec des puissances annoncées jusqu’à 446 kW. Sur le papier, l’idée est simple : voyager vite, longtemps, et sans transformer chaque arrêt en séance de méditation forcée devant une borne.

Problème, pour un lecteur français, le sujet se heurte à un mur très concret : à ce jour, la Xpeng P7+ n’est pas distribuée sur notre marché. On peut donc la jauger, la décortiquer, la situer face aux berlines électriques qui font référence, mais impossible de trancher sur un rapport prix-prestation ou sur la réalité d’un achat. Reste un produit qui vise clairement le même terrain de jeu qu’une Tesla Model 3 ou une Tesla Model S, avec une approche très chinoise : l’espace, l’équipement, et une recharge record pour faire oublier la taille de la batterie.

Une grande berline qui joue l’efficience

Au premier contact, la Xpeng P7+ impressionne surtout par ses proportions. Avec 5,07 m de long, elle s’étire comme une limousine, tout en affichant un travail aérodynamique sérieux : Cx 0,21. On se rapproche d’une grande routière très profilée, davantage pensée pour avaler des kilomètres que pour se faufiler en centre-ville. Et ça, pour une électrique, reste une bonne nouvelle : moins de traînée, moins de kWh engloutis à vitesse stabilisée.

Dimensions et aérodynamique soignées

Le constructeur annonce une consommation de 15,2 kWh/100 km pour la version Standard Range Pro. Ce n’est pas le chiffre le plus bas du monde, mais rapporté au gabarit, on sent l’effort. La batterie LFP de 61,7 kWh (capacité brute) revendique 455 km d’autonomie WLTP. Une valeur correcte, sans plus, qui rappelle une vérité souvent oubliée : une grande carrosserie, même bien dessinée, ne fait pas de miracles si la capacité reste contenue.

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La gamme grimpe ensuite avec les Long Range Pro et Performance Pro, toutes deux dotées d’une batterie de 74,9 kWh bruts. L’autonomie annoncée atteint 530 km WLTP pour la Long Range Pro, avec une conso donnée à 16,4 kWh/100 km. La Performance Pro, plus puissante, annonce 500 km WLTP pour 17,4 kWh/100 km. On reste dans des ordres de grandeur cohérents : la puissance et la transmission intégrale finissent toujours par se payer en kWh.

Une recharge qui change la lecture

Le vrai marqueur technique de la Xpeng P7+, celui qui fait lever un sourcil même aux habitués de l’électrique, tient dans la recharge rapide. La version Standard Range Pro annonce une puissance de charge jusqu’à 350 kW, avec un 10-80% revendiqué en 12 min. Dans le même temps, Xpeng avance 318 km récupérés sur cet intervalle théorique. Autant dire qu’en voyage, l’arrêt se résume à un café avalé trop vite et à deux messages envoyés à la va-vite.

Puissances de charge record

Les versions Long Range Pro et Performance Pro vont encore plus loin : charge annoncée jusqu’à 446 kW, toujours avec un 10-80% en 12 min. Dans l’absolu, ce genre de chiffre rebat la hiérarchie habituelle entre « petite » et « grosse » batterie : si la voiture recharge très fort et très vite, la capacité devient moins anxiogène, à condition de trouver des bornes capables de suivre. Et là, on touche du doigt la réalité européenne : toutes les stations Ionity, Electra, Fastned ou TotalEnergies ne délivrent pas 350 kW en continu, encore moins 446 kW selon la température, l’occupation et l’état du réseau.

En pratique, la promesse d’une recharge ultra rapide reste donc conditionnée par l’infrastructure, et par la capacité de la batterie à encaisser ce pic. Sur une journée de grand départ, avec des bornes prises d’assaut, la différence se joue parfois sur des détails bêtes : la stabilité de la courbe de charge, la facilité d’accès au connecteur, le préconditionnement efficace. Sur ces points, sans essai longue durée chez nous, difficile de jurer que la Xpeng P7+ fera mieux qu’une Tesla qui, elle, bénéficie d’un écosystème de recharge très intégré.

Reste que l’approche est intéressante : plutôt que de courir après une batterie énorme, Xpeng mise sur la vitesse de recharge pour rendre le voyage moins pénible. Pour un automobiliste français qui roule beaucoup, c’est souvent plus pertinent qu’un chiffre d’autonomie record annoncé une fois l’an, vent dans le dos et chauffage coupé.

Des performances solides sans excès

Au volant, une grande berline électrique doit composer avec une loi physique têtue : le poids. La Xpeng P7+ ne fait pas exception, avec 1 999 kg en Standard Range Pro, 2 100 kg en Long Range Pro et 2 177 kg en Performance Pro. On reste dans la moyenne haute du segment, sans tomber dans l’obésité d’une limousine de très grand luxe, mais il ne faut pas s’attendre à la légèreté d’une berline thermique d’antan.

Propulsion ou transmission intégrale

Les deux versions d’accès demeurent des propulsions, moteur sur l’arrière et train arrière multibras. La Standard Range Pro annonce 245 ch et un 0 à 100 km/h en 6,9 s, quand la Long Range Pro passe à 313 ch pour 6,2 s. La vitesse maxi est donnée à 200 km/h pour les deux. Des chiffres propres, mais pas de quoi chercher la bagarre à chaque feu rouge. Franchement, pour une grande routière, cette retenue n’a rien de choquant : l’agrément se joue plus sur la disponibilité et la progressivité que sur le chrono.

La Performance Pro change de registre avec une transmission intégrale : un second moteur avant de 190 ch s’ajoute au dispositif, pour une puissance cumulée de 503 ch. Le 0 à 100 km/h tombe à 4,3 s. Là, on retrouve le coup de pied électrique qu’attendent certains acheteurs, celui qui colle les passagers au dossier et fait rire une demi-seconde avant de redevenir parfaitement normal. Le train avant à double triangulation annonce aussi une vraie ambition de tenue de route, au-delà du simple « on colle un moteur devant et on verra bien ».

Toute la gamme reçoit un amortissement piloté. Sur une auto de ce gabarit, c’est presque indispensable : on veut du moelleux sur les raccords, mais aussi un minimum de maintien quand la route se resserre. Xpeng ajoute aussi la fonction V2L (alimentation d’un appareil externe), toujours pratique pour un usage loisir ou pro. Dans la vraie vie, ce genre de détail fait parfois plus plaisir qu’un dixième gagné au 0 à 100.

Un intérieur façon Tesla, avec ses travers

À bord, la Xpeng P7+ assume une inspiration très « écran central et minimalisme », dans l’esprit de Tesla. Une grande dalle tactile domine une planche de bord épurée, et les boutons physiques se font rares, hormis ceux des vitres. L’idée séduit à l’arrêt, quand on prend le temps de configurer ses raccourcis et d’explorer les menus. En roulant, l’ergonomie demande de la discipline, parce que presque tout passe par l’interface, jusqu’à l’ouverture de la boîte à gants.

Habitabilité arrière remarquable

Le point fort, et il saute aux yeux dès qu’on s’installe derrière, concerne l’espace et le confort. La banquette arrière se montre très accueillante, avec des dossiers inclinables électriquement, et des fonctions de confort rares sur le segment : sièges arrière chauffants et ventilés. L’espace aux jambes paraît immense, et l’on peut même avancer le siège passager avant depuis une commande située entre les deux sièges arrière. Pour qui transporte régulièrement des adultes, là où une Tesla Model 3 reste correcte sans être impériale, la Xpeng P7+ marque des points.

Le coffre suit la même logique « grande auto, grande soute » : 573 litres et jusqu’à 1 931 litres dossiers rabattus, avec un rangement sous plancher et une longueur de chargement proche de 2 m une fois tout replié. Le hayon large facilite la vie, et l’on sent que l’auto a été pensée pour un usage familial ou pour avaler du bagage sans se poser de questions. Dommage que l’interface, elle, ne donne pas toujours la même impression de fluidité : réactivité perfectible, menus parfois confus, et commandes vocales qui semblent encore trop peu adaptées au français.

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